Koto Bolofo

 

 

Koto Bolofo auto portrait

 

 

 

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Sans Titre #01, série Good Dog, 2006 © Yusuf Sevinçli

 

 

 

 

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This Hair Of Mine, a series by Cyndia Harvey presented by Nataal Media at The AKAA fair, Paris

 

 

 

 

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As Nataal’s special project at AKAA by photographer Andrew Dosumnu

Un véritable recueil de photographies, de films, et de portraits d’artistes rencontrés au courant de l’aventure. Des artistes hors cases, avec ce mojo, ce même moteur qui pousse au « renouveau ». Avec des noms comme Andrew Dosunmu, Chris Saunders, Cyndia Harvey, Namsa Leuba… qui résonnent comme un écho reconnu, comme le fil d’un rêve éveillé.

 

 

| *KWAZULU NATAL |

Une fusion de l’ancienne province de Natal avec le bantoustan zoulou de KwaZulu.

 

 


A F R O B E A T
the present of the future past
P A R T . I .

fela lives!

And It’s not just a tattoo on the back of Fela Kuti’s son. It’s a reality. Yep! FELA LIVES and Seun Anikulapo Kuti, his youngest son is going to Yab* the stage to prove it.

May 22nd 2015. It’s a warm friday evening in the Parisian suburb of Fontenay Sous Bois and the large crowd in the Jacques Brel Hall is about to have a unique Afrobeat experience.

Egypt 80 takes the stage. It’s the mythical band of the late saxophonist Fela Kuti. The deus ex machina of Afrobeat music, which is a complex fusion of jazz, funk and highlife. Chants, drum beats, and singing would soon fused together from different corners of the concert hall. The female dancers devilishly move their nyash (ass), leaving you hypnotized and virtually make you travel into the depths of Lagos.The stage is beautiful. The excitement is at its highest! People are all warmed up to welcome the Young King, Seun, who’s ready to take the stage and sets the tone! Unapologetic, only him can wear an all-print outfit like that. The band starts playing “Shuffering & Shmiling”, one of Fela’s mythic songs, like a ritual to invoke Baba (father) Fela’s spirit. He is his father’s natural heir. He leads the band, dances wildly to the rhythm, plays magically. All the women, chicks & mamas look like they are under his spell. The audience goes into a trance. We do too.

But Seun has things to say…

*yab: “kill” in piggin language

 

 

 

_ fr | FELA LIVES !!!
Ce n’est pas un simple tatouage inscrit sur le dos de son plus jeune fils, Seun Anikulapo Kuti. C’est une réalité. Yep! FELA LIVES et Seun est sur le point
de Yab (tuer) cette scène pour le prouver.
Vendredi 22 mai, 20h30, Fontenay Sous Bois. Une salle de banlieue parisienne est sur le point de vivre une Afrobeat experience dont elle va se souvenir longtemps. La foule est dense, les pompes les plus confortables sont de rigueur pour pouvoir relâcher la pression de la dure semaine. Egypt 80, le groupe mythique de feu Fela Kuti, saxophoniste de génie et deus ex machina de la musique afrobeat, fusion unique de jazz, funk et highlife, entre en scène. Bientôt s’élèvent des échos qui nous embarquent d’office au fin fond de Lagos. Les Nyash (fesses) des danseuses décomposent un beat à vous donner des complexes. La pression monte d’un cran. Le public est à point.
La scène est prête, la scène est belle, The Young King fait son entrée sur “Shuffering & Shmiling”, son mythique de Fela. Un rituel, un clin d’œil à son Baba (père) FELA, comme pour invoquer son esprit. Seun manie son instrument divinement, se déhanche à en faire baver toute femme, minettes comme mamma et dirige tout son petit monde sur scène en héritier naturel du chef. Le public entre en transe. Nous aussi.

Mais Seun a des choses à dire…

 

-More on page 36 – The Raw Issue | Order h e r e

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– Oluseun Anikulapo Kuti –
Photographie Prisca M. Monnier
| Article par Catia Mota Da Cruz

 

 

“Gang Of Africa”
Pourquoi on aime…
Ou pas…

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Septembre – la mode fait sa rentrée –
De la Fashion week aux grands magazines, c’est le mois décisif, le mois où le ton de la saison est donné. Toute l’année se repose sur ce moment précis, cette matinée de septembre où les buralistes exposeront la fameuse édition de septembre de chaque magazine. C’est là que tout se joue. C’est un match où tout se décide. Chaque année. Avec tous les magazines. Un défi, un affrontement. La couverture doit être aguicheuse. Se démarquer, étonner, attirer, émerveiller… Et en cette période où les médias sont souvent confrontés à un public blasé, la tâche s’annonce de moins en moins facile et révèle presque du challenge. En 2016, L’Officiel (de la couture et de la Mode) se distingue. La bible française de la mode titre son numéro de septembre «Gang of Africa – Black Beauty Matters »

Mais L’Officiel avait déjà cédé à l’appel du continent. Pour ses 90ans, en mars 2011. C’était décidé. Cette année là aussi, L’Afrique, serait chic et Beyonce avait fait la couverture. S’en était suivi une belle série photographique. Beyoncé en reine Africaine, une fusion remarquable entre modernité et inspiration traditionnelle. Le public avait adoré et il avait ragé aussi. Sur ce petit hic qui avait fait polémique. Le « black face », une manie qui n’avait que trop duré dans l’industrie de la mode et avait fini par agacer. Peindre les visages en noir. Pratique de discrimination raciale dans la scène artistique du 19ème siècle. Et l’Officiel de se défendre en invoquant “une façon de rendre hommage aux rituels de maquillages africains…” – 5 ans après, l’Afrique est toujours chic et l’oncle SAM toujours entiché du continent alors on remet les couverts. En septembre cette fois. On évite le “black face” pour laisser place à la modernité, au luxe, au légèrement désinvolte. L’Officiel se drape dans le WAX.
C’est connu l’Afrique c’est le WAX et uniquement du Wax. Alors, il faut qu’il y en ait partout. Dans les pages, dans les titres, dans les soustitres et les surtitres, sur les photos. Et tant pis pour les amoureux du minimalisme si un arrière goût de cliché leur chatouille la gorge, dès la couverture.
Sur celle-ci, huit mannequins noires, menées par Iman, veuve Bowie. Comme elle, ses filles sont américaines, comme elle, elles revendiquent des racines africaines. Et incarnent une vision très américaine et occidentale de l’Afrique. Peut-être un peu trop, peut-être un peu trop attendu, mais certainement plus vendeur qu’une beauté africaine, pourrait-on penser. On fait mine de comprendre et puis zut! Page suivante. Plus qu’une bande, les filles forment un gang et prennent la pose dans une mise en scène du le talentueux styliste sénégalais Jenke Ahmed Tailly, l’homme des tenues de Beyoncé.

Les vêtements légèrement kitch sur fonds géométriques et colorés amusent, les petites touches ici et là de Gilles Touré? Pourquoi pas! Mais le cadre attriste un peu. Malgré les pièces Sud-Africaines de Brother Vellies, oh combien magnifiques, et la fraîcheur du label Maison Château Rouge, on ne se sent pas transportés dans les rues chaudes de Lagos ou bercés par les vents du désert de Namibie… Alors on se délecte des petits trésors de ce numéro. De ses noms kilométriques qui rappellent des couleurs et des saveurs qui flattent bien mieux les sens comme le créateur nigérian, Adebayo Oke-Lawal (Orange Culture). On se laisse bercer par les pensées du photographe ivoirien Louis Philippe de Gadoue ou encore par la très charismatique et avant-gardiste Reni Folawiyo, figure respectée par la mode internationale. On oublie la présence sur six pages de Valérie Schlumberger pour vite passer au parcours de l’architecte David Adjaye…

«La saveur particulière » promis par l’Officiel a un goût d’inachevé. «Je vais être très honnête, il y a eu un débat dans l’équipe et c’est vrai qu’on penchait plus vers le mot afro. Parce que afro c’est un style ». Un style qui va, vient, s’enterre et ressuscite. Le plaisir de voir que la beauté noire compte est un rien gâché par l’impression de déjà-vu… Dommage…
Afrique, ressource infinie. Nourrir le monde, sans guère de retour… Serait-ce là ton seul destin?

 

 

 

 

Ecrit par Prisca M. Monnier

A lire aussi Avec le numéro de septembre de « L’Officiel », 2016 a failli être l’année de la mode africaine – Par le même auteur –

 

 

 

 

 

 

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“le complexe social”
par SEBASTIEN MEHAL
| 2016, acrylique sur toile, 180x180cm |

 

Tout est fin prêt.
Son appartement, est parfaitement rangé comme à son habitude.
Sébastien a ouvert son ordinateur….

Si on lui demande des précisions sur ses oeuvres, il ne peinera pas à les trouver. Tout est catalogué, classé, ordonné chez lui. Rien ne dépasse. L’agencement de son appart relève d’une précision chirurgicale. C’est irréel tellement on s’y sent bien. Un rappel, sans doute, de la carrière d’architecte qu’il a embrassée avant de bifurquer, sa crise de la trentaine. Il s’était terriblement ennuyé de toute cette rigueur et avait craqué. Pour faire autre chose. Mais quand on a baigné dedans trop longtemps, on ne décide pas de foutre la merde chez soi et de fumer des joints sous prétexte qu’il faut faire “artiste”. Et puis quel intérêt? A 46 ans, on sait qui on est, pas de fioritures, pas le temps pour ça.

Non, Sébastien Mehal est un artiste qui ne s’épanouit pas dans le bordel ordinaire. Etre ordinaire? Très peu pour lui. C’est rangé chez lui, certes. Mais c’est mieux pour se faire interviewer. Ce jour là, il a opté pour un jean et t-shirt noir légèrement maculé de peinture. De toutes façons, sa garde robe n’est que rangements de t-shirts et de pantalons noirs. Sébastien aime le noir, il ne s’habille qu’en noir. La couleur, il la gère tous les jours, dans son atelier, à l’étage. Dans un renfoncement fait pour ça. On ne le voit pas au début. Puis on se retourne. Et voilà. Un petit coin qui prolonge son bureau. C’est là qu’il a droit à un peu de couleurs et qu’opère son génie. C’est sur! On ne peut pas le rater ce coin. Quand Sébastien se lâche, il se lâche! une scène de crime Mesdames et messieurs! Preuves du délit, des jets de peinture avalent chaque centimètre des murs. Du jaune, du vert, du bleu, du rouge… de la couleur! Plein, plein de couleur. Sur le sol, une seringue avec quelques tubes de peinture. L’éclairage blanc du plafond dessine un joli tableau.

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“Aujourd’hui on vend tout ce qui a de la vraie valeur. Et la culture en est la première victime. Au Maroc, ce n’est pas possible et c’est ce qui rend ce pays si particulier. Tandis qu’en Europe, tu vas au musée pour comprendre les cultures et comment les gens vivent, au Maroc, c’est dans la rue que cela se passe” – Un peuple encore en vie, une société animée, un attachement aux racines qui ne sent pas le rance. – “ Vous êtes déjà venues à Marrakech? Vous devriez! Vous allez adorer!” – L’invitation est lancée.
“La Médina est assez atypique comme endroit. Le fonctionnement y est resté traditionnel. Les gens vivent encore comme avant mais ça reste l’endroit le plus fréquenté…” – Les minutes passent bien trop vite, notre mirage s’évanouit pour nous laisser songeur. La place Médina et son bon شايٌ مَع نَعْناعٍ (thé à la menthe) sont bien loin maintenant. Notre Artiste punk aussi. Mais le souvenir de ses mots il y a quelques années demeurent* – Je pense que pour connaître un endroit, il faut creuser dans ses bas-fonds et non gravir ses marches – Sa BlackAttitude résonne toujours. Jusqu’à l’infini.

 

 

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silent genius

An Editorial by –

Michelle Marshall