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“le complexe social”
par SEBASTIEN MEHAL
| 2016, acrylique sur toile, 180x180cm |

 

Tout est fin prêt.
Son appartement, est parfaitement rangé comme à son habitude.
Sébastien a ouvert son ordinateur….

Si on lui demande des précisions sur ses oeuvres, il ne peinera pas à les trouver. Tout est catalogué, classé, ordonné chez lui. Rien ne dépasse. L’agencement de son appart relève d’une précision chirurgicale. C’est irréel tellement on s’y sent bien. Un rappel, sans doute, de la carrière d’architecte qu’il a embrassée avant de bifurquer, sa crise de la trentaine. Il s’était terriblement ennuyé de toute cette rigueur et avait craqué. Pour faire autre chose. Mais quand on a baigné dedans trop longtemps, on ne décide pas de foutre la merde chez soi et de fumer des joints sous prétexte qu’il faut faire “artiste”. Et puis quel intérêt? A 46 ans, on sait qui on est, pas de fioritures, pas le temps pour ça.

Non, Sébastien Mehal est un artiste qui ne s’épanouit pas dans le bordel ordinaire. Etre ordinaire? Très peu pour lui. C’est rangé chez lui, certes. Mais c’est mieux pour se faire interviewer. Ce jour là, il a opté pour un jean et t-shirt noir légèrement maculé de peinture. De toutes façons, sa garde robe n’est que rangements de t-shirts et de pantalons noirs. Sébastien aime le noir, il ne s’habille qu’en noir. La couleur, il la gère tous les jours, dans son atelier, à l’étage. Dans un renfoncement fait pour ça. On ne le voit pas au début. Puis on se retourne. Et voilà. Un petit coin qui prolonge son bureau. C’est là qu’il a droit à un peu de couleurs et qu’opère son génie. C’est sur! On ne peut pas le rater ce coin. Quand Sébastien se lâche, il se lâche! une scène de crime Mesdames et messieurs! Preuves du délit, des jets de peinture avalent chaque centimètre des murs. Du jaune, du vert, du bleu, du rouge… de la couleur! Plein, plein de couleur. Sur le sol, une seringue avec quelques tubes de peinture. L’éclairage blanc du plafond dessine un joli tableau.

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“Aujourd’hui on vend tout ce qui a de la vraie valeur. Et la culture en est la première victime. Au Maroc, ce n’est pas possible et c’est ce qui rend ce pays si particulier. Tandis qu’en Europe, tu vas au musée pour comprendre les cultures et comment les gens vivent, au Maroc, c’est dans la rue que cela se passe” – Un peuple encore en vie, une société animée, un attachement aux racines qui ne sent pas le rance. – “ Vous êtes déjà venues à Marrakech? Vous devriez! Vous allez adorer!” – L’invitation est lancée.
“La Médina est assez atypique comme endroit. Le fonctionnement y est resté traditionnel. Les gens vivent encore comme avant mais ça reste l’endroit le plus fréquenté…” – Les minutes passent bien trop vite, notre mirage s’évanouit pour nous laisser songeur. La place Médina et son bon شايٌ مَع نَعْناعٍ (thé à la menthe) sont bien loin maintenant. Notre Artiste punk aussi. Mais le souvenir de ses mots il y a quelques années demeurent* – Je pense que pour connaître un endroit, il faut creuser dans ses bas-fonds et non gravir ses marches – Sa BlackAttitude résonne toujours. Jusqu’à l’infini.

 

 

I A M

Un éditorial Mode-Arty autour du Noir Profond, mode d’expression, culturellement décomplexé

// PHOTOGRAPHIE Prisca M. Monnier //
DIRECTION ARTISTIQUE&STYLISME Catia Mota Da Cruz //
MODEL Abdoulaye Barry – Christian Kouma
HAIR STYLIST Nadeen Mateky

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robe & collier ART/C
| blouson & poncho marché noir paris |
bracelet maria mccloy

 

 

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a fly in the milk an artist a writer the lesson you learned I am désinvolte culturally involved fucking scared dressed-up naked free in a cage a putain de numéro I am attitude anger I am a hater a lover a péssimiste anti-social seriously loud worried forever unsatisfied passionate about the present I am ton plus-que-parfait de l’indicatif May be not from here I am spiritual an old man standing just a color the lover who leaves at night the reason you wake up in the morning I am your inspiration the enemy you love to hate a Bel-Ami a brother a father a miserable piece of shit I am here…

 

 

 

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silent genius

An Editorial by –

Michelle Marshall

Paris, 11 novembre 2016.
Une nouvelle brise souffle sur les toits de Paris.
La brise est chaude, elle est jeune, elle sent le renouveau, elle vient d’ailleurs…
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Et malgré la pluie, le froid, l’humeur morose des parisiens dans le métro, on la sent. Métro Temple, on y est. On la sent. De plus en plus. Elle est plus présente. Là, dans cet ancien marché couvert du XIXème siècle qu’on appelle Le Carreau du Temple, de l’autre côté de la rue Eugène Spuller et du square du Temple. Quatre grandes lettres sont inscrites sur un panneau noir – AKAA – Pendant trois jours, c’est là que la brise va évoluer et danser sous huit mètres de verrière… Dans une foire appelée AKAA – « Also Known As Africa » – Un salon d’art contemporain entièrement dédié à l’Afrique. Une première à Paris.

“This Hair Of Mine” – par Cyndia Harvey –
NATAAL.COM

« Puis-je voir vos sacs s’il vous plaît ? » – Contrôle à l’entrée. C’est la routine. On est habitués maintenant. Une réalité acceptée depuis cette nuit funeste du 13 novembre dernier. La nuit où le Bataclan, devenu tristement célèbre, avait aussi forcé une femme à prendre une décision. AKAA, édition I, c’est l’année dernière que ça aurait dû se dérouler. L’invitation était lancée, l’annonce était faite. Mais le destin en avait décidé autrement. Et Victoria Mann, fondatrice et directrice du salon, avait dû prendre la dure décision d’annuler. Et ce n’était pas le dur travail accompli ni les nombreux partenaires que la franco-américaine avait réussi à convaincre dans cette aventure qui rendait sa tâche plus difficile. Non, c’était Paris. Alors que de nombreuses foires comme AKAA se déroulent déjà dans les quatre coins du monde, Paris restait dure à convaincre. La capitale française se refusait encore à la douce caresse de la brise, à se joindre au mouvement.

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de la série “Hââbré, the last generation”
JOANA CHOUMALI

 

 


Entre courir résignée vers la lumière
et tomber dans la douce obscurité de ton être.
Difficile de choisir la sombre vérité.
Alors tu vagues et divagues entre deux mondes
sans désir réel d’être sauvée

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Robe destructurée :: Bianca Popp – Sandales Cuir :: Mbonise Leather Craft, Afrique du Sud – Robe :: Bianca Popp – T-shirt :: Sandor Lakatos –
Jupe porté haut :: Bianca Popp – Pantalon :: Black Coffee, Afrique du Sud.

Remerciements à l’agence Autrement PR


Une chambre sombre, un lit, une lampe …
Joliment disposés. Vestiges d’une vie de couple
probablement heureuse par le passé.
De cette atmosphère banale
et légèrement onirique émane douceur et angoisse.
Un son de guitare venu d’ailleurs réchauffe légèrement la pièce,
comme un appel désespéré à la lumière …
The Plague, le premier titre de l’EP de Nakhane Touré, donne le ton.

Nakhane Touré, ce beau fléau

| Check English Version here |
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Juin, 2015. Montmartre.
Avant The Laughing Son et après Brave Confusion, son premier album, l’Artiste Sud-Africain à la voix délicieusement mordante atterrit à Paris.
“On my way. Got stuck in a meeting. So sorry. Running to you!” – Je suis en route. J’ai été retenu à une réunion. Vraiment désolé. Je cours vers vous!
Rencontré rapidement deux mois plus tôt à Johannesburg, c’est sur une terrasse parisienne, avec pignon sur rue Barbès, que nous nous donnons rendez-vous.
“I am living a FUCKING DREAM Guys!” – Je vis un P***AIN DE RÊVE les filles! – Dit-il en arrivant au Café tout excité.
Aussi à l’aise dans la vie que sur scène, Nakhané et son allure pourtant timide nous engage très vite dans une conversation des plus captivantes. Au milieu de passants indifférents à ce qui venait de se produire dans sa vie, l’Artiste nous annonce qu’il venait de signer avec BMG, la grande maison de disque, cette même matinée là.
Les premières impressions sont délicieuses, l’extase et partagé et l’homme derrière l’artiste se révèle naturellement à nous.

 

 

Couv de l’EP |The Laughing Son| Photography: Tarryn Hatchett

Mais qui êtes-vous donc Mr. Touré?

Le mystère se désépaissit peu à peu au fil des mots, des rires… On découvre alors l’histoire de son combat entre dévotion religieuse et homosexualité et le chemin parcouru pour se défaire d’une identité qu’il porte bien trop longtemps. “I truly became an artist when I stopped being christian” – C’est quand j’ai arrêté d’être chrétien que je suis réellement devenu artiste)
Touré arrête donc d’être ce chrétien conservateur qui veut “guérir les homosexuels”, embrasse son être profond et se libère. Ses peurs, ses joies, ses désirs, il les assument, les acceptent et les met sur papier. Avec la musique et l’écriture comme exutoires, naissent ainsi Brave Confusion, premier album et Piggy Boy’s Blues, son premier livre.
Puis vient The Laughing Son, son nouvel EP et véritable bal de Tam-tam, violons et guitares dans un banal surréalisme judicieusement amené. A l’instar de Brave Confusion, on se retrouve encore une fois forcés à nous plonger dans notre NOIR profond, dans cette chambre obscure qu’on aime ignorer comme dans le mini-film de The Plague, inspiré de l’univers sombre du photographe Grégory Crewdson.
Numéro 1 dans le TOP 10 sud-africain, ce magnifique “fléau” porte magistralement bien son nom.
 

 

Vidéo // The Plague // Par Mark Middlewick

 

 

 

Underdog Records,
un label
pas comme les autres…

 

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Esthétisme et excentricité règnent en maître sur chaque coin de mur, dans chaque carton et sans concessions. Tous les artistes signés baignent dans un univers propre à UNDERDOG si bien que vinyles et Cds se soumettent à une créativité puissante, presque tyrannique.

Nos yeux s’égarent. C’est d’abord le vinyle de Sweatshop qui trône pendant toute la conversation, puis la bouteille de lait de John Milk… On connaissait déjà Congopunq mais tout le reste était pure découverte.

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Du dub, afro, funk, pop à l’électro et au reggae, Maxime se fait plaisir comme on ne le fait plus aujourd’hui. Comme un damné, il s’amuse à prendre des risques, signer des artistes peu connus, guidé seulement par ses sens et sa passion pour la musique. Ce procédé libre et désinvolte a toujours été le moteur du label et sa plus grande fierté. Malgré les difficultés de l’industrie et, contre toute attente, le label peut compter aujourd’hui une vingtaine d’artistes signés et des ventes pouvant aller jusqu’à 8000 disques. 10 ans que ça dure et UNDERDOG continue de puiser dans le vivier de ces artistes aux inspirations, pour le moins, insolites.
« Tout commence par une bonne rencontre, un coup de cœur, ensuite il ya le feeling. C’est important ! Cela nous permet d’accompagner tous nos artistes dès le début. Pour la mise en image de leurs albums, la conception de leurs pochettes, et même leur promotion et leur biographie. Ce qui est assez rare pour un label indépendant … » – ajoute Maxime.

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UNDERDOG c’est tout simplement des artistes de tous les horizons partageant la même faim, regroupés dans une même marmite. Un lyonnais à la voix « lactée », un balafoniste aux baguettes agiles, des punk-congolais au visage pâle et beaucoup, beaucoup de Danois. Et pour cause, Sweatshop, Dafuniks, NannaB, pour n’en citer que quelques uns… « C’est vrai qu’on a beaucoup d’artistes danois, même si je ne suis jamais allé au Danemark. C’est marrant! ». On en rit, sans plus…

Le label français préféré des danois annonce déjà la sortie du premier EP d’Otis Stacks en 2016. Groupe né d’une collaboration entre Michael Munch aka JustMike, producteur du Danois et leader du groupe Dafuniks entre autres et Elias Wallace, auteur-compositeur et chanteur de Pasadena, Californie. Excellent mélange. Dont on se délecte déjà…